Editorial : l'ère des crises
Dans son œuvre magistrale, l’historien John Eric Hobsbawm nomme la séquence historique 1789-1848 : l’ère des révolutions. C’est de cette analogie que ce numéro 2 de Positions est né.
« Nous voulons une révolution, ne nous obligez pas à la faire »
Lire de l’histoire c’est toujours un peu se doter d’une rêverie, d’un point d’appui, d’un imaginaire qui n’est pas exactement un mythe mais fait office de mythe, de récit qui nous aide à vivre et à savoir comment vivre et réfléchir, non pour répéter mais pour s’orienter, avancer, savoir ouvrir un chemin de traverse. L’histoire raconte des choses vraies mais malgré tout sélectionnées, construites dans un récit savant, des choses fictionnées par ce récit. Quels chemins de traverse peut offrir l’histoire des années qui ont précédé la Révolution française ?
L'héritage politique de la Commune
On mesure l'importance d'un mouvement social en combinant le plus souvent plusieurs critères : sa durée, son ampleur, les idées nouvelles dont il est porteur, les transformations qu’il impacte, etc. Mais quels que soient les critères que l’on utilise, un mouvement social ne peut totalement s’y réduire. Il laisse dans la conscience collective une trace qui va au-delà des faits et qui l’apparente à une forme de mythe. Il en va ainsi pour la Révolution française, mais aussi pour la Commune, Mai 68, et sans doute à l’avenir pour le mouvement des Gilets jaunes.
Un autre monde, un autre chemin : le zapatisme
Le zapatisme n’est pas une nouvelle idéologie politique, ni un réchauffé de vieilles idéologies. Le zapatisme n’est pas, n’existe pas. Il se contente de servir, comme servent les ponts, pour traverser d’un côté à l’autre. C’est pourquoi, dans le zapatisme, tous ont leur place, tous ceux qui veulent traverser d’un côté à l’autre… Il n’y a ni recettes, ni lignes, ni stratégies, ni tactiques, ni lois, ni règlements, ni consignes universelles. Il y a seulement une aspiration : construire un monde meilleur, c’est-à-dire neuf. En résumé : le zapatisme n’appartient à personne, et pour cela, il est à tout le monde.
« C'est d'un changement radical dont nous avons besoin. »
François Boulo, avocat au barreau de Reims, devient lors du mouvement des Gilets jaunes l’une des principales figures médiatiques. Le 3 octobre 2019 est sorti son manifeste La ligne jaune aux éditions Indigènes. Nous l’avons interviewé pour établir un panorama de la situation politique actuelle et à venir.
Révolution : ne pas énerver
La révolution n’est pas un beau rêve que l’on réalise dans une nuit sacrée, elle est un combat de longue haleine qui se prépare mentalement, physiquement et politiquement. La révolution n’est pas seulement une irruption, elle n’est pas qu’un grand soir. Elle suppose une subversion radicale de nos manières de penser et d’agir, une sorte de révolution anthropologique qui bouleverse les mesures et les critères.
D’une révolution à l’autre
A l’automne 2019, nous assistons au phénomène de surgissement simultané de mouvements insurrectionnels en différents points du globe. Partout s’exprime surtout la colère des classes moyennes et populaires contre leur dépossession économique et démocratique, ainsi que leurs désirs de justice sociale, de justice fiscale et de souveraineté réelle