« C'est d'un changement radical dont nous avons besoin. »
François Boulo, avocat au barreau de Reims, devient lors du mouvement des Gilets jaunes l’une des principales figures médiatiques. Le 3 octobre 2019 est sorti son manifeste La ligne jaune aux éditions Indigènes. Nous l’avons interviewé pour établir un panorama de la situation politique actuelle et à venir.
« C’est ça la gauche, à mes yeux : c’est ne perdre personne. »
Kaoutar Harchi est écrivaine et chercheuse en sociologie, associée au Cerlis (Centre de recherche sur les liens sociaux). Elle a publié plusieurs essais et romans, dont le dernier, Comme nous existons, a paru chez Actes sud en août 2022. Nous l’avons interviewée sur sa vision de la « gauche » et du projet qu’elle doit porter.
« On a besoin d'un discours qui valorise les victimes du capitalisme et leur donne fierté et unité. »
Nicolas Framont est un des fondateurs du magazine en ligne Frustration. Nous l'avons interrogé sur son analyse des forces politiques en place, et plus particulièrement, sur les perspectives possibles pour la « gauche ».
« S'il existe encore un barrage pseudo-républicain en France, c'est désormais contre la gauche antilibérale »
Stefano Palombarini est économiste et maître de conférences à l'Université Paris VIII. Avec Bruno Amable, il est le premier à avoir saisi le bloc bourgeois qui se constituait en 2017 autour d’Emmanuel Macron, nous avons été l’interviewer pour savoir si cette lecture était encore valable aujourd’hui, ou s’il fallait réanalyser les rapports de force politiques.
« Plutôt qu'un Etat qui revendique le monopole de la violence, on devrait avoir un Etat qui revendique le monopole de la justice. »
David Dufresne est un ancien journaliste (Libération, i-télé, Médiapart) qui a choisi de raccrocher les gants en soie du petit monde médiatique parisien pour enfiler ceux plus râpeux du ring politique. Depuis, il a multiplié les enquêtes au long-court, derrière la caméra (Quand la France s’embrase, Prison Valley) ou derrière la plume (Maintien de l’ordre : Enquête,Tarnac, Magasin général, On ne vit qu’une heure, Une virée avec Jacques Brel…). Durant le mouvement des Gilets jaunes, il passe derrière le clavier et se rend célèbre via son compte Twitter grâce à ses fameux « Allô place Beauvau ? » où il interroge directement le politique sur les multiples violences policières que tout le monde semble chercher à ignorer. En octobre 2019, il revient avec Dernière sommation, un roman haletant sur son expérience de ces derniers mois. A l’occasion de la sortie de son film Un pays qui se tient sage, nous l’avons interrogé pour comprendre la genèse de ce film et ses objectifs politiques.
« L’histoire humaine nous apprend que les différenciations de genre sont des constructions politiques, sociales, économiques et culturelles »
Francis Dupuis-Deri est professeur de science politique à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Il a récemment publié Les hommes et le féminisme (éditions Textuel, 2023). A l’occasion de ce numéro, nous avons cherché à comprendre avec lui ce que « la crise de la masculinité » recouvrait véritablement
« La question de l’incarcération n’est pas celle du mieux enfermer ou moins enfermer, mais c’est celle de ne plus enfermer. »
Gwenola Ricordeau est professeure associée en justice criminelle à la California State University, Chico. Elle a publié Pour elles toutes. Femmes contre la prison (Lux éditeur, 2019) et récemment 1312 raison d’abolir la police (Lux éditeur 2023) et, en collaboration avec Joël Charbit et Shaïn Morisse brique par brique, mur par mur (Lux éditeur, 2024).
« Quand on meurt à Raqqa on est des héros, mais quand on revient ici on est considérés comme des terroristes.»
Paris est (aussi) une ville kurde. Elle accueille en son sein une partie de la diaspora kurde et de son histoire, y compris les parties les plus douloureuses. 11 ans après l’assassinat de militantes kurdes à Gare du Nord et 1 an après celui de 3 autres militants rue d’Enghien, Positions Revue a pu s’entretenir, grâce à Thermidor, avec Berivan Firat, porte parole du Centre Démocratique Kurde en France.
« Face à l’urgence climatique, la seule réponse est l’urgence révolutionnaire. »
Anasse Kazib est un cheminot, syndicaliste, membre du parti Révolution permanente et candidat à la présidentielle. Nous l'avons interviewé pour l'interroger sur son parcours, les raisons de son engagement politique, et sa conception des dynamiques et rapports de force actuels dans un contexte de crise organique du capitalisme.
« L’hégémonie néolibérale ne se défait pas dans l’espace d’une élection. »
Stefano Palombarini est économiste et maître de conférences à l’Université Paris VIII. Il a publié La Rupture du compromis social italien (éditions du CNRS, 2001) et, avec Bruno Amable, L’Économie politique n’est pas une science morale (Raisons d’Agir, 2005) et L’illusion du bloc bourgeois (Raisons d’agir, 2017). Ayant été, avec Bruno Amable, le premier à avoir saisi le bloc bourgeois qui se constituait en 2017 autour d’Emmanuel Macron, nous l’avons interviewé pour savoir si cette lecture était encore valable aujourd’hui, ou s’il fallait réanalyser les rapports de force politiques. Seconde partie.
« Contrairement à ce qu’aiment répéter les directions syndicales françaises […] il existe bien un bouton permettant de mettre la production à l’arrêt. »
Alors que les Etats-Unis ont connu une grève retentissante dans le secteur automobile, il nous a semblé opportun d’interroger Christophe (Politicoboy sur X) sur la situation états-unienne. Christophe est spécialiste des Etats-Unis et co-auteur avec Christophe Le Boucher et Clément Pairot du livre Les illusions perdues de l’Amérique démocrate (Vendémiaire, 2021).
« Sans rapport de force avec la bourgeoisie, pas de rééquilibrage possible […] On le sait désormais très bien : c’est ça ou la fin du monde. »
Nicolas Framont est le cofondateur du magazine en ligne Frustration Magazine. Sociologue, ex attaché parlementaire, il a publié avec Selim Derkoui La guerre des mots (Le passager clandestin, 2020) et vient de sortir cette année Parasites (La Fabrique). Nous l’avons questionné sur l’analyse qu’il porte de la situation et sur les perspectives possibles pour notre camp.
« L'interdisciplinarité n'est pas une option, mais une nécessité absolue »
Bernard Lahire, sociologue et directeur de recherche au CNRS, vient de publier Les structures fondamentales des sociétés humaines (La Découverte, 2023). Cet essai est un tournant dans la manière de concevoir la recherche en sciences sociales. Suite à ce livre majeur et nécessaire, nous avons décidé de l'interroger sur les thèmes d'interdisciplinarité, de refus du constructivisme absolu et de retour au matérialisme.
« Sortir de la naturalisation de la souffrance au travail, c’est, contre cette classe dirigeante, engager le fer sur le contenu même du travail »
Bernard Friot est un marxiste iconoclaste. Dans son œuvre il n'hésite pas à prendre des écarts avec le marxisme orthodoxe, notamment sur la valeur ou sur le travail. En parallèle il réactive la vision fondamentale marxiste du mouvement communiste et de l'activité des classes sociales, de toutes les classes sociales dans le processus historique. Nous lui devons le fait que communiste peut encore est un projet concret et attractif. Son dernier ouvrage Prenons le pouvoir sur nos retraites(La Dispute, 5 février 2023) donne un aperçu lisible de ce projet pensé par Bernard Friot. Une œuvre indispensable.
« Le contrôle ouvrier peut prendre une multitude de formes, du contrôle sur les cadences, à la « socialisation de l’entreprise », il contribue à redonner un sens politique au travail. »
Juan Sebastian Carbonell est chercheur en sciences sociales du travail, dans son dernier essai Le futur du travail, aux éditions Amsterdam, il détail les évolutions du monde du travail, sur le plan technique mais également sur le plan des rapports sociaux et de l'accroissement de l'exploitation.
« Ce film doit défoncer des portes »
Dans cet entretien sans langue de bois, nous revenons aux côtés de Ladj Ly sur la situation de ces Misérables. Plus qu’un entretien, une prise de Positions.
« Quelque chose est pulvérisé. »
David Dufresne est un ancien journaliste institutionnel (Libération, i-télé, Médiapart) qui a choisi de raccrocher les gants en soie du petit monde médiatique parisien pour enfiler ceux plus râpeux du ring politique. Depuis, il a multiplié les enquêtes au long-court, derrière la caméra (Quand la France s’embrase, Prison Valley) ou derrière la plume (Maintien de l’ordre : Enquête,Tarnac, Magasin général, On ne vit qu’une heure, Une virée avec Jacques Brel…). Durant le mouvement des Gilets jaunes, il passe derrière le clavier et se rend célèbre via son compte Twitter grâce à ses fameux « Allô place Beauvau ? » où il interroge directement le politique sur les multiples violences policières que tout le monde semble chercher à ignorer. En octobre 2019, il revient avec Dernière sommation, un roman haletant sur son expérience de ces derniers mois, sous les traits d’Etienne Dardel, ex-journaliste écœuré par un univers médiatique corrompu et un monde politique en déliquescence. Nous l’avons rencontré à cette occasion afin d’évoquer avec lui le thème des violences policières.
« L’histoire de la Sécurité sociale est aussi une histoire de lutte de classes. A nous de continuer à tirer le fil rouge. »
Nicolas DA SILVA est maître de conférences en sciences économiques à l’université Sorbonne Paris Nord et spécialiste de l’histoire économique de la protection sociale. Par cet entretien, nous espérons nous donner des clés de compréhension et des armes pour la lutte : savoir ce qui nous a amené à la catastrophe que nous vivons dans le soin et dessiner un projet politique pour un système de soin public qui soigne tout le monde le mieux possible.
« Il n’y a plus aucune promesse de progrès social compatible avec les réformes néolibérales »
Bruno Amable et Stefano Palombarini sont économistes, l'un est professeur à l'université de Genève et l'autre maître de conférences à l’Université Paris VIII. Il ont récemment coécrit Blocs sociaux, conflits et domination : Pour une économie politique néoréaliste (Raison d'agir, 2024). A cette occasion, nous les avons interrogé sur leur lecture des dynamiques politiques actuelles à la lueur de la crise que rencontre le néolibéralisme.
« Un programme de gauche ne mobilisera que des gens qui estiment qu'ils respireront mieux dans un monde plus égalitairement libre. »
Michel Feher est un philosophe qui a notamment travaillé sur la politique migratoire sous le mandat de Nicolas Sarkozy, sur l'avènement du capitalisme financier et en 2024, est paru son dernier livre : Producteurs et parasites. L'imaginaire si désirable du Rassemblement national dans lequel il développe la notion de producérisme et l'imaginaire politique que celle-ci sous-tend. A l'occasion de cet entretien, nous l'avons interrogé sur les possibilités de combattre cette imaginaire et de lui opposer un autre imaginaire, cette fois-ci égalitaire.
« Il faut s’interroger sur les modalités par lesquelles les mutations récentes du capitalisme participent à la solidification de l’extrême droite. »
Félicien Faury est sociologue et politiste et vient de sortir Des électeurs ordinaires: Enquête sur la normalisation de l'extrême droite au Seuil (2024). Nous l'avons interrogé pour comprendre les ressorts du vote RN et pour déterminer quel contre-projet opposer à celui proposé par l'extrême-droite.
« Une chose est sûre : l’avenir de l’écologie ne passe pas par l’environnementalisme, mais par la lutte des classes. »
Clément Sénéchal est diplômé de philosophie et de sociologie et aujourd'hui chroniqueur chez Frustration magazine. Ancien porte-parole de Greepeace et spécialiste des questions environnementales, il a récemment publié au Seuil "Pourquoi l'écologie perd toujours ?". A l'occasion de la sortie de son ouvrage, nous avons interrogé avec lui les raisons de cet échec.
Désembourgeoiser l'école maternelle
Fabienne Montmasson-Michel est sociologue à l'université de Poitiers, enseignante à l'Inspé et chercheuse au Gresco. Elle vient de sortir Petite histoire de la maternelle (La Dispute (2025), ouvrage dans lequel elle fait la généalogie historique et politique de cette institution. A cette occasion, nous l'avons interrogée pour comprendre quels enjeux traversent l'institutionnalisation de l'éducation des jeunes enfants et quels sont les sujets collectifs derrière.
« L'Iran a fait évoluer le rapport de force stragégique en sa faveur dans ce conflit »
Thierry Coville est chercheur à l’IRIS, spécialiste de l’Iran. Docteur en sciences économiques, il effectue depuis près de vingt ans des recherches sur l’Iran contemporain. Il a notamment publié, en 2022, L'Iran, une puissance en mouvement, aux éditions Eyrolles. Pour analyser les dynamiques de la guerre opposant l’Iran à Israël et les Etats-Unis, nous l’avons interrogé pour déterminer quels enseignements nous pouvions en tirer. Entretien réalisé en juillet 2026.
Les fonctionnaires : des salauds ?
Le mot « fonctionnaire » amalgame et dissimule cent métiers. Mais les fonctionnaires sont d’abord et très largement des travailleuses et travailleurs populaires, mal payé·es, exposé·es aux risques chimiques et biologiques, ou aux gestes douloureux. Leur travail échappe au marché et aux marchands et s’emploie à corriger la marchandisation et les inégalités croissantes que celui-ci produit.
La possibilité Mélenchon, entretien avec Stathis Kouvélakis
Stathis Kouvélakis a été membre de l’aile gauche du parti grec Syriza jusqu’en 2015, puis s’est opposé à Alexis Tsipras après que celui-ci ait trahi le résultat du référendum du 5 juillet 2015. Son expérience est donc très précieuse pour préparer ce que serait une victoire de Mélenchon à la présidentielle.