Splendeur et misère d'une société du vide
Classes moyennes, des vies sur le fil
Ils appartiennent à la classe moyenne et consacrent la quasi entièreté de leur existence au travail. Un travail qui ne les quitte jamais et qui ne se borne pas aux heures notées sur leur contrat. Ce fardeau, il le transporte avec eux, jusque dans leur famille, leur assiette, et leurs rêves – quand ils arrivent à dormir. Ils sont les esclaves modernes d’un système économique qui ronge la majorité au profit d’une extrême minorité.
Un pays qui se tient sage
David Dufresne, revient, après son excellent roman Dernière sommation, avec un documentaire ébouriffant intitulé Un pays qui se tient sage. Ici, il n’est plus question de s’intéresser uniquement aux Gilets jaunes, mais davantage d’interroger ce que cette séquence historique révèle de notre société concernant une thématique chère à David Dufresne : le maintien de l’ordre. Alternant vidéos capturées lors des manifestations et retours critiques par différents intervenants (témoins, historiens, sociologues, policiers…), ce documentaire est une formidable occasion d’interroger à la fois la société dans laquelle nous évoluons, et celle vers laquelle nous nous dirigeons.
Dé-BAC-le
Ce film, en tant qu’objet de culture, doit, pour ne pas être nocif et un renfort au discours d’extrême-droite, nous servir de matière pour autopsier la vision qu’il porte. Pour se faire, nous construirons notre contre-discours analytique par un dialogue fictif avec Cédric Jimenez que nous interrogerons et auquel nous prêterons des réponses servant de contre-points aux nôtres.
"Une fois que tu sais"… que feras-tu ?
« Mon père m’a dit regarde. Ma mère m’a dit écoute. ». Emmanuel Cappelin a retenu la leçon et revient à travers son documentaire sur plusieurs décennies d’aveuglement et de surdité.
La fracture
La Fracture est un film de Catherine Corsini. Asphyxiant. Comme un nuage de lacrymogène. Comme un climat social éruptif. Comme une souffrance si grande qu’aucune gorge ne saurait l’avaler.
Kobanê, quand la défaite de Daesh crève l'écran
Si ce long métrage relate une bataille ayant eu lieu il y a 9 ans, le scénario reste encore d’actualité. Les territoires conquis face à l'Etat Islamique nécessitent toujours une vigilance particulière pour les YPG car des cellules dormantes de Daesh commettent toujours des attentats dans la région.
Aya, ou l'effacement d'un monde.
En ces confins du globe dont la distance n’est pas tant géographique qu’historique, les habitants constatent désespérés le changement de leur monde, victimes des conséquences d'un mode de production suicidaire et inique.
Athena, ou le fantasme d'une Cité en guerre
Pour Romain Gavras, comme pour Eric Zemmour, la guerre a déjà commencé. Une guerre de civilisation, prélude à une guerre civile que le second appelle de ses vœux quand le premier feint de le redouter d’une main tout en la mettant en scène de l’autre. Athena est la mise en scène d’un fantasme. Celui d'une Cité en guerre.
Allons enfants
Ils sont des morceaux. De vies, d’origines, de milieux, de douleurs. Tous recousus du fil vibrant de la danse.
Guerre de pauvres, guerre de rue.
Après un court-métrage plusieurs fois récompensé, Ladj Ly revient avec un film étourdissant sur le quartier du Bosquet à Montfermeil : les Misérables. Suivant une équipe de la BAC, Ladj Ly nous transporte au milieu d’un univers muet et invisible parce qu’invisibilisé. Et pourtant, c’est un véritable torrent de vie qui déborde de l’écran trop petit de sa caméra pour nous envahir.
Fanon
Pour la première fois, le cinéma rend hommage sous la forme d’un biopic à celui qui fut l’un des penseurs anticoloniaux les plus célèbres de son temps : Frantz Fanon. C’est dans une petite salle de quartier surchauffée, entouré d’un public très largement blanc, que nous avons pu assister à sa projection. Retour critique.
Le rire et le couteau
"Le rire et le couteau" est un choc du cinéma contemporain. Par son courage et sa radicalité formelle, il porte à lui seul l’idée de nombreuses œuvres : échapper aux conventions narratives et filmiques de la fiction, pour saisir la richesse d'une réalité qui n’aurait pu être aussi finement auscultée autrement. C’est ainsi qu’en déconstruisant nos habitudes de regard, il réinvente le film décolonial.
Muganga - Celui qui soigne, Un peuple marginalisé au profit d’un biopic occidentaliste
La distribution en France d’un film au sujet aussi tabou est une précieuse avancée. Muganga - Celui qui soigne avait tout pour devenir un bon film au sujet rare et précieux. Cependant, c'est une déception, voire un échec ; une œuvre balbutiante de bonnes intentions mais dont les limites esthétiques affaiblissent la dimension politique et morale souhaitées.
Sariri, ou l'aridité du patriarcat
Au cœur du désert chilien vit un petit village minier isolé : La Làgrima. Emmurés par des montagnes de sable, ses habitants vivent de l’extraction et du petit marché. Là où les structures patriarcales traditionnelles conditionnent le monde, deux jeunes filles s’y conforment et se questionnent.
ABEL, ou quand la « libération » est un crime
En clair, Abel bouscule l’imaginaire occidentale en matérialisant une cruelle réalité : la chute de l’URSS racontée comme une libération des peuples, un souffle après un étouffement, fut en réalité une grande violence pour des communautés entières.
Mémoires du sous-développement
Cuba, 1959. Fulgencio Batista et sa dictature pro-américaine tombent face à l’offensive castriste. Au lendemain de la révolution socialiste, des afro-cubains chantent et dansent pendant que les blancs bourgeois rejoignent au plus vite l’aéroport pour se réfugier dans les bras du capitalisme étasunien. Mais il y a un vilain petit canard dans cette fuite : Sergio. Un intellectuel écrivain qui, lui, choisit de rester dans ce nouveau Cuba. Tomas Gutiérrez Alea interroge dans son film le devenir d’un intellectuel progressiste dans la révolution communiste.
Palestine 36
Dès la rentrée 2026, l’offre cinématographique illustre l’urgence politique de notre époque. Le besoin de bousculer, d’ouvrir les sens et les chemins de la conscientisation, se retrouve dans un film actuellement au cinéma, Palestine 36, réalisé par Annemarie Jacir. Drame historique se situant dans la Palestine sous mandat britannique, le film remonte aux sources de la Grande révolte arabe de 1936 et de l’expropriation des terres arabes au profit des colons juifs européens.