« C'est d'un changement radical dont nous avons besoin. »
François Boulo, avocat au barreau de Reims, devient lors du mouvement des Gilets jaunes l’une des principales figures médiatiques. Le 3 octobre 2019 est sorti son manifeste La ligne jaune aux éditions Indigènes. Nous l’avons interviewé pour établir un panorama de la situation politique actuelle et à venir.
Splendeur et misère d'une société du vide
Classes moyennes, des vies sur le fil
Ils appartiennent à la classe moyenne et consacrent la quasi entièreté de leur existence au travail. Un travail qui ne les quitte jamais et qui ne se borne pas aux heures notées sur leur contrat. Ce fardeau, il le transporte avec eux, jusque dans leur famille, leur assiette, et leurs rêves – quand ils arrivent à dormir. Ils sont les esclaves modernes d’un système économique qui ronge la majorité au profit d’une extrême minorité.
Convoquez la nation ! Aux Etats généraux !
Les politiques conduites en France depuis de trop nombreuses années ont plongé notre pays dans une série de crises desquelles il ne parvient pas à sortir. Crises sociale, économique, écologique, démocratique, et dorénavant sanitaire. Ces crises ont toute une origine : l’échec de nos gouvernants à penser en dehors du carcan austéritaire.
Résister ou mourir
Il n’est plus possible de se taire. Il n’est plus possible de rester dans la demi-mesure, de chercher la nuance, de vouloir tempérer. Indéniablement, il faut qualifier les choses telles qu’elles sont : la France sombre chaque jour un peu plus dans la dictature, et cela est rendu possible par le concours zélé d’une police immonde. Immonde par ce à quoi elle participe, et davantage, par le plaisir incontestable qu’elle en retire.
Un pays qui se tient sage
David Dufresne, revient, après son excellent roman Dernière sommation, avec un documentaire ébouriffant intitulé Un pays qui se tient sage. Ici, il n’est plus question de s’intéresser uniquement aux Gilets jaunes, mais davantage d’interroger ce que cette séquence historique révèle de notre société concernant une thématique chère à David Dufresne : le maintien de l’ordre. Alternant vidéos capturées lors des manifestations et retours critiques par différents intervenants (témoins, historiens, sociologues, policiers…), ce documentaire est une formidable occasion d’interroger à la fois la société dans laquelle nous évoluons, et celle vers laquelle nous nous dirigeons.
Policiers, quel ordre défendez-vous ?
Nous assistons à une transition. Le passage d'un Etat libéral à un Etat sécuritaire et policier. Les forces de l'ordre accompagnent ce changement avec une délectation qui inquiète et qu'il faut interroger. En tant que gardiennes de l'ordre social, il devient plus que nécessaire de se demander quel ordre elles souhaitent.
Dé-BAC-le
Ce film, en tant qu’objet de culture, doit, pour ne pas être nocif et un renfort au discours d’extrême-droite, nous servir de matière pour autopsier la vision qu’il porte. Pour se faire, nous construirons notre contre-discours analytique par un dialogue fictif avec Cédric Jimenez que nous interrogerons et auquel nous prêterons des réponses servant de contre-points aux nôtres.
La louve noire
Elle est louve dans notre regard. Elle est noire dans le leur. Nous voyons son combat. Ils ne voient que ses origines. Ethniques, géographiques, sociales, tribales. Arrachons le masque noir pour démasquer le regard blanc.
"Une fois que tu sais"… que feras-tu ?
« Mon père m’a dit regarde. Ma mère m’a dit écoute. ». Emmanuel Cappelin a retenu la leçon et revient à travers son documentaire sur plusieurs décennies d’aveuglement et de surdité.
Un dîner presque parfait
La fracture
La Fracture est un film de Catherine Corsini. Asphyxiant. Comme un nuage de lacrymogène. Comme un climat social éruptif. Comme une souffrance si grande qu’aucune gorge ne saurait l’avaler.
« Plutôt qu'un Etat qui revendique le monopole de la violence, on devrait avoir un Etat qui revendique le monopole de la justice. »
David Dufresne est un ancien journaliste (Libération, i-télé, Médiapart) qui a choisi de raccrocher les gants en soie du petit monde médiatique parisien pour enfiler ceux plus râpeux du ring politique. Depuis, il a multiplié les enquêtes au long-court, derrière la caméra (Quand la France s’embrase, Prison Valley) ou derrière la plume (Maintien de l’ordre : Enquête,Tarnac, Magasin général, On ne vit qu’une heure, Une virée avec Jacques Brel…). Durant le mouvement des Gilets jaunes, il passe derrière le clavier et se rend célèbre via son compte Twitter grâce à ses fameux « Allô place Beauvau ? » où il interroge directement le politique sur les multiples violences policières que tout le monde semble chercher à ignorer. En octobre 2019, il revient avec Dernière sommation, un roman haletant sur son expérience de ces derniers mois. A l’occasion de la sortie de son film Un pays qui se tient sage, nous l’avons interrogé pour comprendre la genèse de ce film et ses objectifs politiques.
« L’histoire humaine nous apprend que les différenciations de genre sont des constructions politiques, sociales, économiques et culturelles »
Francis Dupuis-Deri est professeur de science politique à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Il a récemment publié Les hommes et le féminisme (éditions Textuel, 2023). A l’occasion de ce numéro, nous avons cherché à comprendre avec lui ce que « la crise de la masculinité » recouvrait véritablement
Macron est mort, que meure la Ve !
Le sujet principal ne doit plus être de s’entendre sur un hypothétique premier ministre dont on sait par avance qu’il ne sera capable de rien, sauf à avoir renoncé à tout, mais de réfléchir aux moyens de sortir de la Ve république.
# Chroniques de l'exploitation : présentation
Les chroniques de l’exploitation ont pour objectif de rendre à toutes celles et tous ceux qui se sont trouvés un jour, ou se trouvent toujours, exploités et dégradés, la dignité qui leur a été ôtée.
De Gaza à Nouméa : l'arc colonial se tend
Entre Gaza et Nouméa séparés par un continent et des spécificités uniques, un continuum s'étire : l'arc colonial. Celui-ci est en train de se briser et, dans cette crise qui ne vient plus mais qui est chaque jour un peu plus intense, il tire ses dernières flèches.
Suicidée d’un cri, pour accoucher d’un silence
On crève d'enseigner. On crève de travailler. Au sein de l'éducation nationale, il existe une omerta terrible sur la souffrance au travail sous-estimant amplement les dépressions et les suicides. Christine Renon s'est donnée la mort, épuisée d'avoir donnée sa vie à une institution qui ne reconnut jamais son existence.
« Face à l’urgence climatique, la seule réponse est l’urgence révolutionnaire. »
Anasse Kazib est un cheminot, syndicaliste, membre du parti Révolution permanente et candidat à la présidentielle. Nous l'avons interviewé pour l'interroger sur son parcours, les raisons de son engagement politique, et sa conception des dynamiques et rapports de force actuels dans un contexte de crise organique du capitalisme.
Pour la fondation d’un parti de masse
La NUPES, dans toutes ses imperfections, offre une possibilité historique de fondation d’un parti de masse anticapitaliste et démocratique à même de joindre et de rejoindre, une vision idéologique avec une action directe, réelle et quotidienne.
Aya, ou l'effacement d'un monde.
En ces confins du globe dont la distance n’est pas tant géographique qu’historique, les habitants constatent désespérés le changement de leur monde, victimes des conséquences d'un mode de production suicidaire et inique.
Athena, ou le fantasme d'une Cité en guerre
Pour Romain Gavras, comme pour Eric Zemmour, la guerre a déjà commencé. Une guerre de civilisation, prélude à une guerre civile que le second appelle de ses vœux quand le premier feint de le redouter d’une main tout en la mettant en scène de l’autre. Athena est la mise en scène d’un fantasme. Celui d'une Cité en guerre.
Allons enfants
Ils sont des morceaux. De vies, d’origines, de milieux, de douleurs. Tous recousus du fil vibrant de la danse.
« Contrairement à ce qu’aiment répéter les directions syndicales françaises […] il existe bien un bouton permettant de mettre la production à l’arrêt. »
Alors que les Etats-Unis ont connu une grève retentissante dans le secteur automobile, il nous a semblé opportun d’interroger Christophe (Politicoboy sur X) sur la situation états-unienne. Christophe est spécialiste des Etats-Unis et co-auteur avec Christophe Le Boucher et Clément Pairot du livre Les illusions perdues de l’Amérique démocrate (Vendémiaire, 2021).
« Sans rapport de force avec la bourgeoisie, pas de rééquilibrage possible […] On le sait désormais très bien : c’est ça ou la fin du monde. »
Nicolas Framont est le cofondateur du magazine en ligne Frustration Magazine. Sociologue, ex attaché parlementaire, il a publié avec Selim Derkoui La guerre des mots (Le passager clandestin, 2020) et vient de sortir cette année Parasites (La Fabrique). Nous l’avons questionné sur l’analyse qu’il porte de la situation et sur les perspectives possibles pour notre camp.
Tribune : Que brûle la colère
Il est du devoir de la gauche, et de toutes celles et ceux qui s’en revendiquent, sans fausse conscience, sans racisme sous oripeaux souverainistes, de se tenir aux côtés de tous les Nahel de France qui brûlent de l’oubli qu’il leur a été fait, de ce qu’ils sont et de ce qu’ils vivent.
L’après Mélenchon : le temps de la refondation
Aujourd'hui, les divisions au sein de la FI révèlent qu'il est temps de passer la main et d’appeler à la naissance d’une nouvelle organisation révolutionnaire en capacité de mener la lutte pour un renversement du capitalisme. Remercions Mélenchon pour ce qu'il a fait et tenons-nous en à son testament : faire mieux.
« Ce film doit défoncer des portes »
Dans cet entretien sans langue de bois, nous revenons aux côtés de Ladj Ly sur la situation de ces Misérables. Plus qu’un entretien, une prise de Positions.
« Quelque chose est pulvérisé. »
David Dufresne est un ancien journaliste institutionnel (Libération, i-télé, Médiapart) qui a choisi de raccrocher les gants en soie du petit monde médiatique parisien pour enfiler ceux plus râpeux du ring politique. Depuis, il a multiplié les enquêtes au long-court, derrière la caméra (Quand la France s’embrase, Prison Valley) ou derrière la plume (Maintien de l’ordre : Enquête,Tarnac, Magasin général, On ne vit qu’une heure, Une virée avec Jacques Brel…). Durant le mouvement des Gilets jaunes, il passe derrière le clavier et se rend célèbre via son compte Twitter grâce à ses fameux « Allô place Beauvau ? » où il interroge directement le politique sur les multiples violences policières que tout le monde semble chercher à ignorer. En octobre 2019, il revient avec Dernière sommation, un roman haletant sur son expérience de ces derniers mois, sous les traits d’Etienne Dardel, ex-journaliste écœuré par un univers médiatique corrompu et un monde politique en déliquescence. Nous l’avons rencontré à cette occasion afin d’évoquer avec lui le thème des violences policières.
Guerre de pauvres, guerre de rue.
Après un court-métrage plusieurs fois récompensé, Ladj Ly revient avec un film étourdissant sur le quartier du Bosquet à Montfermeil : les Misérables. Suivant une équipe de la BAC, Ladj Ly nous transporte au milieu d’un univers muet et invisible parce qu’invisibilisé. Et pourtant, c’est un véritable torrent de vie qui déborde de l’écran trop petit de sa caméra pour nous envahir.
La Grande peur
Ce système s’essouffle. Le bloc bourgeois, pourtant unifié et immensément puissant, est en décrépitude. Il ne survit qu’à la faveur de forces de l’ordre dont la servilité et la déconnexion psychologique avec la population étonne. Cela ne durera pas.
Face à la crise du capitalisme : la militarisation de l’enseignement
Dans un contexte de crise avancée du capitalisme, la militarisation de l'enseignement devient un enjeu central. La création des Classes de défense et de sécurité globale répond à un triple objectif : rappeler le pouvoir de la force et de l’ordre à des publics considérés comme problématiques ; recruter des effectifs pour l’armée en offrant un débouché dans des zones géographiques frappées par le chômage ; préparer les esprits et les corps à la guerre. Elles annoncent à la fois un retour à la conscription et au conditionnement imposé des forces vives et un tournant économique et idéologique.
Fanon
Pour la première fois, le cinéma rend hommage sous la forme d’un biopic à celui qui fut l’un des penseurs anticoloniaux les plus célèbres de son temps : Frantz Fanon. C’est dans une petite salle de quartier surchauffée, entouré d’un public très largement blanc, que nous avons pu assister à sa projection. Retour critique.
« Une chose est sûre : l’avenir de l’écologie ne passe pas par l’environnementalisme, mais par la lutte des classes. »
Clément Sénéchal est diplômé de philosophie et de sociologie et aujourd'hui chroniqueur chez Frustration magazine. Ancien porte-parole de Greepeace et spécialiste des questions environnementales, il a récemment publié au Seuil "Pourquoi l'écologie perd toujours ?". A l'occasion de la sortie de son ouvrage, nous avons interrogé avec lui les raisons de cet échec.
Du réel au virtuel, des ronds-points à Facebook, sociologie des Gilets jaunes.
Voici un an que le mouvement des Gilets jaunes a démarré, ouvrant la voie au plus spectaculaire mouvement social de la Ve République. Si celui-ci n’a pas su muter de la révolte à la révolution, nous postulons que cela tient en sa trop grande division. Ainsi, nous avons vu s’ériger, à mesure des semaines, une séparation de plus en plus marquée entre les Gilets jaunes des ronds-points et ceux présents en manifestation qui ont largement contribué à déplacer le combat sur le terrain virtuel des réseaux sociaux.
Dernière sommation
Dans Dernière sommation, un roman haletant et fascinant, David Dufresne revient sous une forme semi-fictionnelle sur son expérience du mouvement Gilet jaune sous les traits d’Etienne Dardel, ex-journaliste écœuré par un univers médiatique corrompu et un monde politique en déliquescence.
Un autre monde, un autre chemin : le zapatisme
Le zapatisme n’est pas une nouvelle idéologie politique, ni un réchauffé de vieilles idéologies. Le zapatisme n’est pas, n’existe pas. Il se contente de servir, comme servent les ponts, pour traverser d’un côté à l’autre. C’est pourquoi, dans le zapatisme, tous ont leur place, tous ceux qui veulent traverser d’un côté à l’autre… Il n’y a ni recettes, ni lignes, ni stratégies, ni tactiques, ni lois, ni règlements, ni consignes universelles. Il y a seulement une aspiration : construire un monde meilleur, c’est-à-dire neuf. En résumé : le zapatisme n’appartient à personne, et pour cela, il est à tout le monde.
Editorial : Que vive la grève !
Dans ce numéro, nous avons cherché à comprendre à travers divers exemples historiques, ce en quoi consiste une grève, réussie ou défaite. Ses conditions de production, de naissance et de mort, doivent nous servir à éclairer notre actualité et à tracer les sillons de notre futur.
Quelles perspectives pour un parti de masse ?
L’ambition d’un parti de masse devra être de s’inscrire dans les classes populaires et de vivre de leur vitalité propre afin de pouvoir construire une organisation véritablement révolutionnaire.