D'un barrage l'autre
À l'impasse politique et institutionnelle issue du 7 juillet, s'ajoute maintenant une impasse culturelle. Ces deux impasses maintiennent en vie Macron et son monde, empêchant ainsi aux forces progressistes d'accéder au contrôle de la société. Cette impasse sera résolue lorsque la vision progressiste sortira d'une simple vision abstraite, esthétique et passagère, pour devenir concrète et permanente.
« Le contrôle ouvrier peut prendre une multitude de formes, du contrôle sur les cadences, à la « socialisation de l’entreprise », il contribue à redonner un sens politique au travail. »
Juan Sebastian Carbonell est chercheur en sciences sociales du travail, dans son dernier essai Le futur du travail, aux éditions Amsterdam, il détail les évolutions du monde du travail, sur le plan technique mais également sur le plan des rapports sociaux et de l'accroissement de l'exploitation.
Orthodoxie contre dogmatisme : Lukács contre le post-marxisme universitaire
En 1923, dans Qu’est-ce que le marxisme orthodoxe ?, Georg Lukács pose les bases d’une lecture rigoureuse du matérialisme historique, insistant sur le fait que l’orthodoxie marxiste ne se définit pas par l’adhésion à un corpus dogmatique de thèses, mais par la fidélité à un cadre théorique et épistémologique : la dialectique matérialiste. Cette position, loin d’être une simple querelle théorique, garde une actualité brûlante face aux dérives contemporaines du post-marxisme universitaire, qui fragmente l’analyse sociale et dilue le projet révolutionnaire dans un éclectisme stérile.
Connaissances, lutte des classes, et stratégie politique : un éclairage par Lucien Goldmann
Chez Goldmann, la conscience possible devient l’instrument d’analyse privilégié de la vie sociale elle-même, car elle permet de saisir l’écart entre ce que les hommes pensent effectivement et ce qu’ils pourraient penser à partir de leur position dans le monde. Cet écart, loin d’être pure illusion, est le lieu même où se joue la transformation de la réalité.
Désembourgeoiser l'école maternelle
Fabienne Montmasson-Michel est sociologue à l'université de Poitiers, enseignante à l'Inspé et chercheuse au Gresco. Elle vient de sortir Petite histoire de la maternelle (La Dispute (2025), ouvrage dans lequel elle fait la généalogie historique et politique de cette institution. A cette occasion, nous l'avons interrogée pour comprendre quels enjeux traversent l'institutionnalisation de l'éducation des jeunes enfants et quels sont les sujets collectifs derrière.
Editorial : Gilets Jaunes, un arrêt d'urgence
53 actes. 53 semaines de colères, de solidarité, d’espoir mais également de déception et de rancœur. Nous avons changé. Nous sommes désormais dans l’ère des crises et des révoltes. Même si nous ne l’avons pas vu venir, les « gilets jaunes » avaient été annoncés, promus même par les médias, et par beaucoup de politiciens. Le 17 novembre n’a surpris personne, c’est la suite qui elle fut complètement imprévisible. Du 17 novembre au 10 décembre 2018, le pays fut plongé dans un état de flottement proche du basculement.
Editorial : Pénurie d'Etat, état de pénurie
Depuis plusieurs décennies, le capitalisme s’est engagé dans une dynamique qui pourrait sembler contradictoire. D’un côté, il a méthodiquement détruit l’État social, fruit de luttes populaires et outil de régulation indispensable à la stabilité des sociétés industrielles avancées. D’un autre côté, cette « pénurie d’État » n’a pas conduit à l’abondance promise par les idéologues néolibéraux : elle a engendré un véritable « état de pénurie » généralisée.
Editorial : l'ère des crises
Dans son œuvre magistrale, l’historien John Eric Hobsbawm nomme la séquence historique 1789-1848 : l’ère des révolutions. C’est de cette analogie que ce numéro 2 de Positions est né.